Cancer de l'ovaire

QU’EST-CE QU’UN CANCER DE L’OVAIRE ?

QUE SONT LES OVAIRES ?

Les ovaires sont deux glandes de forme ovoïde, mesurant en moyenne 2 cm/4 cm. Ils sont situés de part et d’autre de l’utérus.
 Les ovaires font partie des organes génitaux féminins.
Dès la puberté jusqu’à la ménopause, ils assurent deux fonctions essentielles :
-Ils produisent mensuellement les cellules sexuelles féminines appelées ovules.
-Ils produisent la progestérone et les œstrogènes, deux hormones sexuelles féminines qui régulent le cycle menstruel et définissent les

QUE SONT LES CANCERS DE L’OVAIRE ?

Il n’existe pas un mais plusieurs types de cancer ovarien, selon la nature des cellules touchées.
Les tumeurs épithéliales sont les plus nombreuses : développées à partir de l’épithélium, elles représentent 90 % des cas de cancer ovarien.

LES FACTEURS DE RISQUE A L’ORIGINE DU CANCER DU SEIN

Dans le cas d’un cancer de l’ovaire, les principaux facteurs de risque identifiés sont l'âge et l'hérédité. Le rôle du cycle menstruel est plus discutable.
L’âge moyen au diagnostic est de 65 ans.
L’hérédité, certaines des mutations génétiques favorisant la survenue d’un cancer de l’ovaire épithélial peuvent être transmises de façon héréditaire de parent à enfant. On estime que 5 à 10 % des tumeurs épithéliales de l’ovaire seraient d’origine héréditaire.

Enquête familiale prédispositions héréditaires d’un cancer des ovaires

Si une prédisposition génétique a été identifiée, une surveillance particulière est proposée à la patiente

Les facteurs hormonaux

L’histoire hormonale de la femme influence le risque de cancer de l’ovaire.
En effet, les données épidémiologiques montrent qu’un grand nombre de grossesses, l’utilisation de contraceptifs oraux ou l’allaitement – qui réduisent le nombre d’ovulations durant la vie – semblent diminuer le risque de cancer ovarien.
À l’inverse, une puberté précoce (avant 8 ans), une ménopause tardive (après 55 ans) ou la prise prolongée d’un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause pourraient augmenter le risque de cancer de l’ovaire.

LE DIAGNOSTIC

Les cancers de l’ovaire peu avancés sont en majorité diagnostiqués à la suite d’une exploration chirurgicale au niveau de l’abdomen effectuée en réponse à des symptômes ou à une échographie orientant vers une pathologie ovarienne.

L’examen clinique

L’examen clinique est incontournable dans la démarche diagnostique.  
Si une grosseur au niveau du bas de l’abdomen ou des ovaires est repérée, le médecin prescrit des examens complémentaires afin d’en déterminer la nature.

L’échographie endovaginale

L’échographie est un examen central pour orienter le diagnostic de cancer de l’ovaire.

L’imagerie par résonance magnétique

Cet examen est prescrit uniquement dans les cas où l’échographe n’arrive pas à déterminer précisément la nature du kyste.
 L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet en effet d’obtenir des images plus précises de l’organisme.

Le bilan biologique

Le bilan biologique repose essentiellement sur le dosage du marqueur tumoral CA 125.
Cette substance biologique est produite en petite quantité par certaines cellules de l’organisme, et en plus forte proportion par les cellules tumorales.
Un taux de CA 125 important ne permet pas de conclure de façon certaine à un cancer.Toutefois, plus le taux sanguin de CA 125 est élevé, plus le risque de tumeur maligne est accru.

Le diagnostic histologique

Seule la biopsie permet de confirmer ou d’écarter avec certitude le diagnostic de cancer.
La méthode utilisée pour réaliser le prélèvement est la laparoscopie, également appelée cœlioscopie.
Les échantillons prélevés sont ensuite l’objet d’une analyse dite anatomopathologique.
Le bilan d’extension : le bilan d’extension repose sur plusieurs examens complémentaires :
Un bilan biologique complet qui apporte des précisions sur l’état de santé général de la patiente au moment du diagnostic.Il peut être utile pour adapter la posologie ou la fréquence de certains traitements.
Un scanner (ou tomodensitométrie TDM) qui permet d’évaluer si la tumeur s’est étendue à d’autres organes et donc de choisir le traitement le plus adapté.
Par ailleurs, des échantillons du péritoine sont généralement prélevés durant la biopsie diagnostique et permettent de compléter ce bilan d’extension.
Le stade de la maladie est déterminé selon la taille de la tumeur et sa propagation aux ganglions voisins ou aux organes à distance.

LES TRAITEMENTS

La chirurgie

C’est le traitement de première intention du cancer de l’ovaire, hormis pour certaines formes évoluées

La chimiothérapie

La chimiothérapie est un traitement administré par voie orale ou par injection.
La plupart du temps, une chimiothérapie est prescrite de façon régulière pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois (jusqu’ à 6 mois en principe).
Dans le traitement du cancer de l’ovaire, la chimiothérapie est envisagée lorsque le risque de progression de la maladie est élevé, c’est-à-dire quand la tumeur n’est plus exclusivement localisée au niveau ovarien et/ou quand le grade de la tumeur est avancé.
 Le protocole de chimiothérapie utilise un ou plusieurs médicaments spécialement développés pour agir contre les cellules cancéreuses.
Les molécules les plus fréquemment utilisées sont les sels de platine et les taxanes.
Le protocole de chimiothérapie peut être prescrit en combinaison avec la chirurgie, et commencer avant l’opération. Cette chimiothérapie, dite néo-adjuvante, vise à réduire le volume de la tumeur et à faciliter l’intervention.
Plus souvent, la chimiothérapie du cancer de l’ovaire est prescrite en situation adjuvante, c'est-à-dire après l’opération, notamment si l’ablation n’a pas pu être complète.

Pour éviter de multiplier les piqûres dans les veines, une chambre implantable est posée sous la peau de la patiente, en dessous de la clavicule. Ce dispositif, encore appelé « Port-à-cath® », est constitué d’un petit réservoir et d’un cathéter qui relie ce dernier à la veine sous-claviculaire de la patiente. Il suffit ensuite au soignant de piquer à travers la peau directement dans la chambre afin d’administrer le traitement.

Les thérapies ciblées

Les thérapies ciblées regroupent les médicaments capables de viser spécifiquement les cellules cancéreuses pour les supprimer.
Ainsi, tout en assurant une action anti-tumorale, ces thérapies limitent la toxicité pour l’organisme.
Dans le cancer de l’ovaire, le bévacizumab est une thérapie ciblée indiquée pour traiter les stades avancés (stades III et IV).
Il peut être prescrit en association avec la chimiothérapie habituelle puis seule pendant un an.

La prise en charge des tumeurs non épithéliales

Le traitement de référence est la chirurgie associée à la chimiothérapie : l'intervention consiste en une annexectomie unilatérale.
Par ailleurs, ces cancers sont très sensibles à l'efficacité de la chimiothérapie, notamment à base de sels de platine.
Le pronostic de cette maladie est assez bon, avec une majorité de patientes atteignant une rémission à long terme après la prise en charge initiale.

LA SURVEILLANCE APRÈS TRAITEMENT

Le diagnostic de cancer est une épreuve difficile.L’équipe médicale est là pour aider et orienter les patientes et leurs proches.
Après la fin des traitements, un suivi médical est nécessaire pour détecter le plus tôt possible les signes d’une éventuelle rechute.
Le suivi permet également de traiter les effets indésirables à long terme et d’aider à retrouver un équilibre psychologique, relationnel et professionnel.
Il repose sur un examen clinique régulier, qui peut intégrer si besoin quelques examens complémentaires (dosage des marqueurs tumoraux CA 125, examens d’imagerie, etc.).
En général, une consultation médicale est recommandée tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant les trois années suivantes, et enfin tous les ans.
Ce rythme est cependant adapté à chaque situation.
Chez les femmes ayant bénéficié d’une chirurgie conservatrice, un suivi particulier de l’ovaire restant est réalisé par échographie pelvienne.