Cancer du col de l'utérus

QU’EST-CE QU’UN CANCER ?

Le cancer est une maladie provoquée par une cellule initialement normale dont le programme se dérègle et la transforme.Elle se multiplie et produits des cellules anormales qui prolifèrent de façon anarchique et excessive.Ces cellules déréglées finissent par former une masse qu’on appelle tumeur.
Les cellules cancéreuses ont tendance à envahir les tissus voisins et peuvent se détacher de la tumeur.
Elles ont la capacité de migrer par les vaisseaux sanguins et les vaisseaux qui transportent la lymphe*, et de former d’autres tumeurs à distance, appelées les métastases.

QU’EST-CE QU’UN CANCER DU COL DE L’UTERUS ?

Lorsqu’on parle de cancers de l’utérus, une distinction est faite entre : les tumeurs qui se développent au sein du corps de l’organe (les cancers du corps de l’utérus) et celles qui affectent le col utérin (les cancers du col de l’utérus).

Les différents cancers du col de l'utérus

 Les cancers qui se développent dans la partie inférieure et étroite de l’utérus sont appelés cancers du col utérin.
La forme la plus fréquente (environ 80 % des cas) se développe à partir des cellules de l’épithélium malphagien : ce sont les carcinomes épidermoïdes.
Les tumeurs qui se développent à partir de l’épithélium glandulaire sont des adénocarcinomes.
Traités précocement selon le même protocole,ces cancers sont de bon pronostic.

LES FACTEURS DE RISQUE

Le cancer du col de l'utérus peut apparaître à tout âge, à partir de 25-30 ans. Dans la plupart des cas, il est lié à une infection virale

L’infection par le HPV

L’infection par un virus de la famille des papillomavirus humains (HPV) est la première cause de survenue des cancers du col de l’utérus.
Les HPV sont des virus sexuellement transmissibles très répandus. Plusieurs sous-types peuvent provoquer des lésions qui peuvent devenir précancéreuses (on parle de dysplasies) et dont la gravité augmente avec le temps.
Si elles ne sont pas traitées, ces lésions peuvent se transformer en cancer du col de l’utérus.
D’autres sous-types ne sont responsables que de condylomes qui ne présentent aucun risque.

Le développement du cancer du col de l’utérus.

Pour prévenir l'infection par le HPV, la vaccination des jeunes filles et femmes est largement recommandée.

Les autres facteurs de risque

D'autres facteurs semblent favoriser l'apparition du cancer du col utérin :
-le fait d’avoir eu plusieurs grossesses,
-le tabagisme,
-certaines infections (Chlamydia ou virus de l’herpès),
-l'immunosuppression…
-L’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux pris sous forme de pilule, d'implant, de patch ou de stérilet hormonal a également un impact ; le risque d'apparition du cancer du col de l'utérus augmente avec la durée d'administration du traitement par contraceptifs oraux. Ce risque diminue à l'arrêt de la pilule contraceptive pour ne devenir quasiment nul 10 ans après l'arrêt du traitement.

LE DEPISTAGE

Un suivi gynécologique régulier est recommandé.

Frottis cervico vaginal

En effet, c’est au cours d’une consultation avec son médecin que peut être pratiqué le frottis, examen de dépistage des lésions précancéreuses (dysplasies) et du cancer du col de l’utérus, et que peuvent être détectés les signes cliniques précoces du cancer.Le cancer du col de l'utérus peut être dépisté précocement grâce à l’examen clinique gynécologique.
Le dépistage par frottis cervico-vaginal permet surtout de repérer d’éventuelles lésions précancéreuses afin de les traiter avant qu’elles n’évoluent vers un cancer du col de l’utérus.
Le gynécologue réalise cet examen à l’aide d’une petite brosse ou d’une spatule, grâce à laquelle il prélève un échantillon de cellules au niveau du col de l'utérus et du fond du vagin. Cette technique, très rapide et indolore, permet à un médecin d’observer au microscope les cellules recueillies pour déterminer leur type et leur quantité.
Bénéficier régulièrement d’un frottis est le meilleur moyen de repérer des lésions précancéreuses : leur retrait précoce permet ainsi de prévenir le développement des cancers du col de l'utérus.
Le frottis cervico-vaginal permet également de détecter des lésions cancéreuses précoces, alors que le cancer du col de l’utérus est par ailleurs le plus souvent asymptomatique.
Ainsi, il est   recommandé aux femmes de 25 à 65 ans de se soumettre au frottis tous les trois ans (après deux premiers examens normaux réalisés à un an d’intervalle).

LE DIAGNOSTIC

Seules l’observation et l’analyse de tissus du col de l’utérus, prélevés par biopsie ou curetage, permet d’établir un diagnostic définitif.
Avant la ménopause, les symptômes précoces les plus fréquents d'un cancer du col de l'utérus sont des saignements survenant en dehors de la période des règles, spontanément ou après des rapports sexuels.
Une augmentation anormale des pertes vaginales peut également être considérée comme un symptôme bien que, dans l'immense majorité des cas, elle soit provoquée par d'autres maladies ou infections.
Ces signes d'alerte ne sont pas toujours associés à un cancer, mais ils requièrent l'avis d'un médecin basé sur un examen clinique.
Si l’examen clinique du col de l’utérus révèle des zones anormales, il prélève un petit échantillon de tissu pour le faire analyser au microscope.

Examen anatomopathologique

Toutefois, lorsque l’examen clinique n’a rien révélé d’anormal alors que le résultat d’un frottis indique la présence de cellules précancéreuses ou cancéreuses, le médecin peut alors pratiquer une colposcopie, qui permet une observation précise des zones suspectes et facilite la biopsie du col utérin.
Les tissus prélevés sont envoyés à un anatomopathologiste, médecin spécialiste de l'observation des cellules au microscope.
Il examine les échantillons prélevés et détermine si leur aspect indique une dysplasie (qui n'est pas un cancer, mais une lésion qui peut devenir cancéreuse), un carcinome in situ (une lésion précancéreuse, localisée au niveau d'une zone très superficielle du col utérin) ou un cancer du col de l'utérus.
Si l'analyse indique la présence d'un cancer du col utérin, il est possible d'estimer son degré d'extension par l'examen clinique et en pratiquant une IRM, éventuellement associée à un PET-scan.
 En cas de dysplasie, cette lésion fera l'objet d'une surveillance et son évolution sera suivie par colposcopie.

LES TRAITEMENTS

Après traitement d’une dysplasie, une surveillance gynécologique plus rapprochée sera nécessaire pour vérifier l'absence de récidive.

Le traitement des carcinomes in situ

Les carcinomes in situ sont le plus souvent traités par conisation  ou par ablation du col utérin. Ces interventions se font par les voies naturelles.La convalescence ne prend que quelques jours.
La conisation est l'intervention la plus fréquemment recommandée pour les femmes jeunes souhaitant conserver la possibilité d'avoir des enfants.Une analyse anatomopathologique sera réalisée pour vérifier l’absence de lésion plus grave et confirmer que la chirurgie a permis l’ablation de la totalité de la lésion (vérification des marges de la résection).
Chez une femme plus âgée atteinte d'un carcinome in situ, la totalité de l'utérus peut être retirée par chirurgie, par mesure de précaution. Cette opération est appelée hystérectomie totale (ablation du corps et du col de l'utérus).

Le traitement des cancers du col de l'utérus

La prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du col de l'utérus repose sur différentes techniques : la radiothérapie, la chirurgie et/ou la chimiothérapie. Le choix de la meilleure thérapeutique dépend essentiellement de l’extension locale et régionale de la maladie, mais également d’autres facteurs tels que l'ensemble de l’histoire médicale de la patiente et son état général.
La décision est prise par un comité multidisciplinaire, comportant au moins un radiothérapeute et un chirurgien.

LA RADIOTHÉRAPIE

Elle peut être administrée par voie externe et/ou par voie interne.
La radiothérapie externe des cancers du col utérin s'effectue sous forme d'une série de séances réparties sur plusieurs semaines. Généralement, 4 à 5 séances hebdomadaires pendant environ 5 semaines sont prescrites.
Elle est actuellement le plus souvent associée à une chimiothérapie par voie veineuse destinée à augmenter l’efficacité de la radiothérapie mais également à agir sur d’éventuelles localisations microscopiques en dehors des champs d’irradiation.
En effet, administrés en même temps que la radiothérapie, certains agents de chimiothérapie (cisplatine, 5FU) accroissent la sensibilité des cellules cancéreuses aux rayonnements.

LA CURIETHÉRAPIE

Elle consiste à placer un cathéter dans l’utérus et, dans le vagin, un applicateur qui contient généralement deux cathéters.
Cette mise en place est effectuée le plus souvent sous anesthésie générale ou péridurale.
Un examen par IRM ou scanner peut être effectué pendant la curiethérapie de façon à bien cibler le traitement. Celui-ci consiste à faire passer à l’intérieur des cathéters une source radioactive qui va ainsi traiter de façon sélective le col de l’utérus et les éventuelles extensions tumorales observées autour du col utérin et/ou du vagin.
Le traitement dure environ 3 jours si la curiethérapie vient en complément de la radiothérapie externe. On peut lui associer une cure de chimiothérapie.

LA CHIRURGIE

Chirurgie du cancer du col utérin

Lorsqu’elles sont de petites tailles, les tumeurs du col de l'utérus peuvent être traitées par hystérectomie, le plus souvent après une curiethérapie. L'intervention consiste à retirer l'utérus, la partie supérieure du vagin ainsi que les tissus et les ganglions lymphatiques avoisinants.
Pour les formes plus avancées qui sont traitées par radiothérapie, la chirurgie peut également servir à prélever les ganglions situés au-dessus de la zone irradiée afin de s’assurer de l’absence d’extension de la maladie en dehors des zones traitées.
Dans le traitement du cancer du col utérin, la chimiothérapie a pour principal objectif d'optimiser l'efficacité de la radiothérapie. Elle peut également être utilisée pour traiter les formes plus avancées, lorsque le cancer a atteint d’autres organes.
Les médicaments anticancéreux administrés par voie intraveineuse durant la période d’irradiation visent à détruire les cellules cancéreuses qui ont migré dans d'autres parties de l'organisme.
Certains effets indésirables dus à la chimiothérapie peuvent survenir. Ils varient en fonction des personnes et des médicaments utilisés. Ils peuvent également être limités ou évités grâce à des traitements préventifs ou quelques conseils.

VIVRE AVEC ET APRES LA MALADIE

Des examens de surveillance réguliers sont essentiels pour les patientes qui ont été traitées pour un cancer du col utérin.
Ces examens permettent de s'assurer qu'il n'y a aucune récidive.
Au terme du traitement d’un cancer du col, suivant l'étendue initiale de la maladie, l’examen clinique régulier est également indispensable ; un frottis, une échographie de l'abdomen et une radiographie pulmonaire peuvent être demandés.
Ainsi, l'examen de suivi a lieu tous les quatre mois pendant deux ans puis tous les six mois pendant trois ans puis annuellement. Cependant, ce rythme peut varier en fonction de la situation clinique et s'adapter à la patiente.

Avoir un enfant

Lorsque le cancer du col de l’utérus est diagnostiqué à un stade avancé, la prise en charge radiothérapeutique et chirurgicale concerne l’ensemble de l’utérus et rend le plus souvent impossible une future grossesse.
Concernant les dysplasies ou les carcinomes in situ, l’opération chirurgicale, qu’il s’agisse d’une conisation ou de l’ablation du col utérin, est moins invasive et permet de préserver la possibilité d’avoir un enfant par la suite.
Toutefois, en cas d'ablation du col, une grossesse peut-être à haut risque (fausses couches, prématurité) et une césarienne sera obligatoire lors de l’accouchement.